Combien d’heures de lumière pour ses plantes d’intérieur ?
Lampes de croissance et durée d’éclairage

Plus de lumière ne veut pas toujours dire plus de croissance !
Quand on parle de lumière pour nos plantes d’intérieur, on pense souvent à son intensité. Est-ce qu’elles préfèrent une lumière indirecte, un peu de soleil direct ou un endroit moins lumineux ?
Mais il y a une autre question tout aussi importante : combien d’heures de lumière devraient-elles recevoir chaque jour ?
Et surtout, pourquoi ne pas simplement laisser nos lampes de croissance allumées 24 heures sur 24 pour les faire pousser plus rapidement ?
Parce que oui, même si nos plantes adorent la lumière, elles ont aussi besoin de respecter leur propre rythme !
Combien d’heures de lumière par jour ?
Pour la majorité des plantes tropicales que nous cultivons à l’intérieur, 12 à 14 heures de lumière par jour constituent un excellent point de départ lorsqu’on utilise des lampes de croissance.
Certaines plantes peuvent bénéficier de périodes allant jusqu’à 16 heures, selon leurs besoins et l’intensité de l’éclairage.
Voici quelques repères pour l’éclairage artificiel :
- Monstera, Philodendron et Anthurium : environ 12 à 14 heures.
- Alocasia, Aglaonema et Scindapsus : environ 12 à 14 heures.
- Hoya : environ 12 à 14 heures.
- Cactus et succulentes : environ 12 à 16 heures.
- Plantes qui tolèrent une faible luminosité : environ 10 à 12 heures, selon l’intensité de la lampe.
Tu n’es pas encore sûr de la différence entre la lumière indirecte et le soleil direct ? Consulte notre guide Comment choisir la bonne lumière pour ses plantes ?
Pourquoi les plantes ont-elles besoin d’une période de noirceur ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les plantes ne passent pas simplement leurs journées à absorber de la lumière pour ensuite ne rien faire pendant la nuit !
Elles possèdent un rythme circadien, une sorte d’horloge biologique qui leur permet de synchroniser plusieurs fonctions avec l’alternance du jour et de la nuit.
Pendant la journée, elles utilisent la lumière pour réaliser la photosynthèse et produire les sucres nécessaires à leur développement.
Lorsque la lumière disparaît, elles continuent de respirer, de grandir et d’utiliser ou de redistribuer l’énergie accumulée.
La période d’obscurité contribue aussi à réguler différents processus biologiques, notamment ceux liés à la croissance et, chez certaines espèces, à la floraison.
Pourquoi ne pas laisser les lampes allumées 24 heures sur 24 ?
On pourrait croire qu’en offrant de la lumière en continu, nos plantes produiraient davantage d’énergie et pousseraient beaucoup plus rapidement. Mais ce n’est pas aussi simple !
Une exposition constante à la lumière peut perturber leur rythme biologique. Chez certaines espèces, elle peut également provoquer du stress, des dommages au feuillage ou une croissance moins équilibrée.
Et surtout, une plante ne peut pas nécessairement utiliser toute la lumière supplémentaire qu’on lui fournit.
Plus de lumière ne signifie donc pas automatiquement une meilleure croissance !
Certaines plantes peuvent tolérer temporairement un éclairage continu, mais pour la majorité de nos plantes d’intérieur, il est préférable de conserver une alternance régulière entre la lumière et l’obscurité.
L’intensité compte autant que la durée !
Il y a un détail qu’on oublie souvent : toutes les lampes de croissance ne fournissent pas la même quantité de lumière.
Une petite lampe peu puissante allumée pendant 14 heures peut fournir moins de lumière à une plante qu’une lampe plus intense utilisée pendant 10 heures.
C’est ce qu’on appelle la quantité quotidienne de lumière reçue, ou DLI (Daily Light Integral).
Sans entrer dans des calculs compliqués, retiens simplement que la durée et l’intensité de la lumière travaillent ensemble.
La distance entre la lampe et le feuillage joue également un rôle important. Une lampe trop éloignée peut être peu efficace, tandis qu’une lampe trop rapprochée peut parfois endommager les feuilles.
L’objectif n’est donc pas d’éclairer le plus longtemps possible, mais d’offrir une quantité de lumière adaptée aux besoins de chaque plante.
Et pendant nos hivers québécois ?
Au Québec, la luminosité naturelle change énormément au fil des saisons.
Pendant l’été, nos plantes peuvent profiter de longues journées et d’une lumière naturelle abondante.
Mais lorsque l’automne arrive, les journées raccourcissent et la quantité de lumière disponible diminue considérablement.
C’est souvent à cette période qu’on remarque un ralentissement de la croissance chez plusieurs plantes tropicales.
Les lampes de croissance deviennent alors particulièrement intéressantes pour compléter la lumière naturelle.
Elles permettent d’offrir un éclairage plus constant et de maintenir de bonnes conditions de croissance, même lorsque les journées sont courtes.
Et non, tu n’as pas besoin de transformer ton salon en serre professionnelle pour en profiter !
Pour ajuster aussi tes arrosages et tes autres soins pendant les mois froids, découvre notre article Comment prendre soin de ses plantes pendant les hivers froids ?
La durée de lumière peut aussi influencer la floraison
C’est ce qu’on appelle le photopériodisme.
Chez certaines espèces, la durée de l’obscurité influence directement les mécanismes qui déclenchent la floraison.
C’est notamment le cas du cactus de Noël (Schlumbergera), dont la formation des boutons floraux peut être favorisée par de longues nuits et des températures appropriées.
Une lumière artificielle allumée au mauvais moment peut même perturber ce processus !
Comme quoi, parfois, pour obtenir de belles fleurs, il faut simplement savoir éteindre les lumières.
À éviter si tu veux des plantes heureuses
- Penser que 24 heures de lumière donnent deux fois plus de croissance. Les plantes ont leurs limites ! Un éclairage continu n’est pas nécessairement bénéfique et peut même devenir contre-productif.
- Oublier complètement la période d’obscurité. Une alternance régulière entre le jour et la nuit permet de respecter le rythme biologique de la majorité de nos plantes.
- Confondre durée et intensité. Une lampe allumée longtemps n’est pas automatiquement une bonne lampe de croissance. La quantité de lumière réellement reçue par les feuilles est tout aussi importante.
- Changer constamment l’horaire d’éclairage. Une minuterie permet d’offrir une routine stable et évite d’avoir à penser à allumer et éteindre les lampes chaque jour.
Le petit mot de Roxanne
Personnellement, je trouve que les lampes de croissance sont vraiment intéressantes, particulièrement lorsqu’on possède plusieurs plantes de collection et qu’on souhaite leur offrir de bonnes conditions toute l’année.
Chez Zarits, on sait à quel point la lumière peut influencer la croissance, la taille des feuilles et même les couleurs de certaines variétés.
Mais je pense aussi qu’il est important de comprendre qu’on ne peut pas accélérer indéfiniment la croissance d’une plante simplement en lui donnant toujours plus de lumière.
Chaque plante possède son propre rythme, et c’est aussi ce qui rend leur culture aussi fascinante !
Mon conseil ? Commence avec un horaire d’environ 12 à 14 heures de lumière artificielle par jour, utilise une minuterie et observe comment tes plantes réagissent. Tu pourras ensuite ajuster la durée ou l’intensité selon leurs besoins.
Et surtout, n’oublie pas de leur laisser une période d’obscurité.
Parce qu’au fond, tout comme nous, les plantes ont aussi besoin de dormir !
